mardi, décembre 27, 2005

Qui va payer la dette?

2000 milliards d'Euros de dettes (financières et retraites des fonctionnaires non provisionnées) ça fait beaucoup d'argent! On dit que cela va être une charge pour les générations futures! Qu'on est en train de leur voler leur avenir. Et on calcule alors le montant de dette que chaque nouveau-né 'hérite' en venant au monde : environ 30,000 Euros.

Je ne souscris que paritiellement à cet argumentaire. Une raison: j'ai seulement la trentaine. Si les éditorialistes qui écrivent cela sont proches de la retraite, c'est peut-être ce qu'ils croient être vrai. D'ici cinq à dix ans, la génération du baby boom sera à la retraite et ce sera aux jeunes d'aujourd'hui de payer impôts, charges sociales et de rembourser la dette. Ils croient, espèrent que les choses continueront leur petit bonhomme de chemin et que l'on ne touchera pas au système en profondeur, du moins pas de leur vivant.

Pour eux, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle: l'espérance de vie s'est considérablement rallongée et eux aussi seront mis à contribution pour rembourser la dette. Les générations futures sont encore à l'école (ou bien vont y aller) et elles mettront encore un certain temps avant d'être productives. C'est donc bien sur ma génération que le poids de la dette va se faire le plus lourd: il faudra payer les erreurs du passé, la retraite des vieux et préparer la sienne sans oublier de préparer l'avenir en élevant des enfants.

Dire que la dette concerne les générations futures est donc un subterfuge, un nouveau mensonge, une manière de mettre la tête sous terre (Cf. Quand les autruches prendront leur retraite d'Alain Madelin). C'est bien la jeune génération actuelle (moins de 40 ans) qui va surtout payer. Mais cela ne suffira pas. Il faudra bien réformer le système en profondeur pour éviter que cela se reproduise. Les taxes sur la consommation ne baisseront pas pendant un certain temps (regardez en Allemagne: l'augmentation de la TVA et la baisse des charges salariales est une façon de faire payer les inactifs), et il n'y aura pas assez d'argent pour revaloriser régulièrement les retraites. Au fur à mesure, l'inflation rognera le pouvoir d'achat des retraités. Peut-être ira-t-on même jusqu'à supprimer certaines dispositions trop avantageuses (changement dans le calcul des retraites, suppression des avantages du service public...).

Le jour où l'on est confronté à une banqueroute d'une telle ampleur il y a généralement un retour de baton brutal. Plus on attend pour réformer, plus la réforme sera dure. La France et tous les Français en feront l'expérience. Le jour de vérité approche.