samedi, janvier 14, 2006

Le préfet du Bas-Rhin interdit une "soupe au cochon" prévue à Strasbourg

En France, l'Etat fait tout pour garder le monopole de la charité et des bons sentiments! Voilà qu'il interdit la soupe au cochon en Alsace! En Alsace, une des régions les plus 'cochonnes' de France! Et pourquoi pas la choucroute pendant qu'on y est!

Certes, 'Solidarité alsacienne' veut cibler ses pauvres: les alsaciens mangeurs de porc (et non pas les gens de couleur ou de confession juive). C'est un acte discriminatoire. Mais le fait d'offrir à manger n'est pas puni par la loi, ce serait même plutôt une bonne action que je sache. Si l'action se déroulait en Israel ou au Maghreb, elle serait assez ridicule voire provocatrice, mais en Alsace!?

Remarquons que la charité est souvent (tout le temps) discriminante: celui qui donne le fait aussi avec un but précis. Les gays donnent probablement en priorité des dons pour le Sid'Action, les catholiques pour le Secours du même nom, les Sri Lankais pour les victimes du Tsunami, les Noirs américains pour la reconstruction de la Nouvelle Orléans, les parents d'enfants atteints de maladie génétique au Téléthon... Et j'imagine que vos plus gros cadeaux de Noel sont pour vos enfants et ceux de vos plus proches! Cela ne nous empêche pas de donner pour des causes éloignées qui nous touchent également, mais rien ne nous y force. On donne à qui on veut, selon nos envies.

Si des actes punis par la loi sont commis par racisme, ce sont des actes encore plus abjects qui méritent d'être dénoncés. Mais lorsqu'on fait la charité on la fait toujours en faisant le choix de ne pas aider quelqu'un d'autre car il n'est pas humainement possible d'aider tout le monde à la fois.

Dans ce cas précis, on veut interdire à ces Alsaciens de faire la charité à d'autres Alsaciens ou habitants d'Alsace qui apprécient la cuisine alsacienne en Alsace. Avec cette décision, la démocratie abdique ses pouvoirs à une minorité étrangère. La seule raison valable de cette interdiction est d'éviter les troubles annoncés par les opposants à la soupe. Quand l'Etat ne protège pas les citoyens qui respectent le droit et va dans le sens de ceux qui sont prêts à faire usage de la violence, il est vraiment temps de partir. C'est ce que j'ai fait il y a 10 ans, et si cela continue comme cela en France (une pareille soupe fut interdite à Nice) je ne suis pas prêt de rentrer.

Pour éviter les accusations de racisme, j'ose suggérer de faire aussi une soupe de coq (sans vin, hélas) et, pour ne pas être taxé de protectionisme, de faire venir la volaille de Turquie, pas trop loin du foyer de grippe aviaire!


L'info du Monde:


Le préfet du Bas-Rhin a pris, vendredi 13 janvier, un arrêté interdisant l'organisation d'une distribution "de soupe au cochon", prévue samedi 14 janvier place de la gare à Strasbourg, par un collectif appelé Solidarité alsacienne, a annoncé la préfecture.
L'arrêté interdit également tout rassemblement samedi place de la gare, où des organisations hostiles à la soupe au porc entendaient montrer leur désaccord en procédant parallèlement à une distribution de soupe "sans porc" pour protester contre le caractère discriminatoire de l'initiative qui s'affiche comme "humanitaire" mais exclut de fait les juifs et les musulmans, qui ne mangent pas de porc.
Solidarité alsacienne avait organisé le 7 janvier une première soupe au cochon. Présent à cette soupe, Robert Spieler, président du mouvement Alsace d'abord et ancien député du Front national, avait affirmé aux journalistes que "le cochon est un symbole européen, que cela plaise ou déplaise". Son épouse Chantal, militante du mouvement, avait précisé : "le porc fait partie de notre culture culinaire, nous proposons notre soupe à tout le monde, cela n'a rien de discriminatoire"."SCANDALISÉE PAR LA DÉCISION DU PRÉFET"
Présent lors de la première distribution, le délégué régional du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), Pierre Lévy, avait, pour sa part, dénoncé "un procédé discriminatoire, honteux, qui utilise la misère humaine pour établir encore des séparations d'origine et de culture".
Solidarité alsacienne a annoncé, vendredi dans un communiqué, qu'elle allait "déposer un référé immédiat devant le tribunal administratif, afin de faire lever l'interdiction" préfectorale. Elle se dit "scandalisée par la décision du préfet" et annonce qu'elle maintiendra la distribution de soupe "en un autre lieu".
Dans un communiqué publié vendredi, le maire de Strasbourg Fabienne Keller et le président de la Communauté urbaine Robert Grossmann, tous deux UMP, avaient qualifié d'"intolérable" la démarche de Solidarité alsacienne. "Nous avons immédiatement alerté le préfet afin que tous les moyens réglementaires soient mis en oeuvre pour empêcher cette distribution", avaient précisé les deux élus.
Avec AFP et Reuters